lundi 11 juin 2012

"Un homme se possède par éclaircies, et même quand il se possède, il ne s'atteint pas tout à fait"

Et me voilà, perdue, partagée, entre la haine et l’affection. Il y a en moi un monstre en colère, qui crie, qui grogne, qui rage, un monstre qui ne demande qu’à sortir pour hurler son incompréhension. Et face à ce démon ; les souvenirs, qui viennent apaiser la Bête et panser ses blessures, et la tendresse aussi. Et me voilà, du venin plein la bouche, sur la défensive prête à attaquer ou à secourir cet être qui m’a poussée au bord du précipice. Malgré toute la souffrance, toutes les larmes, les mensonges, les non-dits, je ne peux me résoudre à abandonner, je ne peux pas le laisser seul face à ses démons, je les connais trop bien, mieux que personne, depuis trois ans je me bas tant bien que mal contre eux, bataille incessante, épuisante, mais j’ai finit par baisser les armes... Mais même séparés je sais que je peux le soulager de son fardeau, qu’il peut m’en dire plus qu’à quiconque. Mais depuis tant de temps il me fait du mal, j’ai attendu trop longtemps, trop subit ; plaie sur laquelle il n’a cessé de jeter du sel, marquée au fer rouge,, alors aujourd’hui s’agite parfois en moi une fureur sans nom, que je ne me connaissais pas... J'ai trop abondamment pardonné et prit sur moi, pour qu’ensuite il me plante de nouveau une lame dans le dos.
Alors me voilà, jetée au cœur d’une tempête qu’il m’est impossible de contrôler. J’ai trois ans d’amertume et de nostalgie occultés en moi, je n’arrive plus à contenir ce monstre qui crie, il s’est trop fréquemment nourrit du mal qu’il m’a infligé.
Et le voilà, au bord de mes lèves, le voilà qui veut prendre le dessus après avoir trop supporté.
Le voilà trop imposant pour rester caché, il déborde, parfois prend les commandes sans que je le veuille, sans m’y attendre, tentant d’apaiser sa peine et sa mélancolie.
Mais heureusement il y a mes souvenirs, ma mémoire, mes convictions, ma connaissance quasi-totale de lui, qui sont là pour me ramener à la raison, me calmer lorsque l’obscur m’aliène.
Mais combien de temps va-t-il vivre en moi ? Comment calmer cette colère accumulée au fil des années ?
J’ai besoin de me délester de ce poids mort, de laisser s’envoler, s’emporter mes maux, dans mes mots. 



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire