Je ne sais pas quel chemin prendre, quelle direction choisir, je ne sais pas quelle attitude avoir, quoi dire ni comment le dire. J'ai l'impression qu'aucun mot ne peut réellement me soulager, comme si j'avais fait le tour, alors j'écris encore et encore les mêmes maux, les mêmes complaintes, les mêmes douleurs, je mâche et remâche mes peines pour mieux les recracher, et ainsi de suite, soulagée seulement pour un temps, ou alors pas vraiment.
Tous les jours cette même rengaine d'une blessure qui ne veut pas se refermer et j'en viens à me demander si ce n'est pas inconsciemment volontaire,, comme si la cicatrisation mettrait un point final à tout ça, comme si j'avais peur de ce nouveau, de ces possibles qui m'ouvrent les bras, peur de ce recommencement car c'est toujours plus facile de vivre avec ce que l'on connaît, même si ce que l'on connaît le mieux porte le triste nom de "douleur".
Tous les jours cette même rengaine d'une blessure qui ne veut pas se refermer et j'en viens à me demander si ce n'est pas inconsciemment volontaire,, comme si la cicatrisation mettrait un point final à tout ça, comme si j'avais peur de ce nouveau, de ces possibles qui m'ouvrent les bras, peur de ce recommencement car c'est toujours plus facile de vivre avec ce que l'on connaît, même si ce que l'on connaît le mieux porte le triste nom de "douleur".
J'ai peur de la suite, de tous ces changements qui s'opèrent, je ne sais pas comment les appréhender, les gérer, je vis depuis si longtemps comme ça que même le bon me fait reculer. Je ne veux pas revivre une telle souffrance alors peut-être que même sans le savoir je reste bloquée sur un mal passé, que je n'arrive pas à laver, afin de ne pas ouvrir ma porte à tout ce qui se présentera à moi. Car ce que l'on connaît est toujours plus facile à contrôler. J'ai peur de perdre les rennes, de me perdre dans autre chose alors même que j'ai du mal aujourd'hui à me retrouver.
Donc j'écris avec pour seul espoir de savoir où j'en suis, pour me soulager d'un mal en souhaitant qu'il finisse par disparaître à force d'être étalé, retourné, ressassé.
J'aimerais le vomir, le cracher, le percer, j'aimerais laver ma mémoire, panser mes blessures, mais elles s'avèrent être coriaces, collantes, gluantes et m'imprègnent de la tête aux pieds, suintent par tous les pores de ma peau et se heurtent continuellement à des lames acérées que je ne peux éviter, à des coups que tu ne cesses de me porter.
J'écris les mêmes choses pour soulager ce nœud que je sens en moi, ce poids que je sens peser sur tout mon être. Je déverse mes émotions par sacs entiers, je laisse couler le flot de ressentiments, de rancœur, d'amertume, de douleur, de haine, de peine, je le sens passer de ma tête jusqu'à ma main, de mon cœur jusqu'à mes pleurs.
Ce mal semble indélébile et me colle à la peau, je suis sale de ce que je ne comprends pas, de ce qui apparemment ne s'explique pas. Alors j'écris, chaque jour davantage, en espérant que la douleur retire ses griffes de mon dos, en attendant qu'elle ouvre les portes de ma cage.
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